E952 — edulcorant
Cyclamate (E952)
Le cyclamate (E952) est autorisé dans l'Union européenne et dans plus de 130 pays. Aux États-Unis, il est totalement interdit depuis 1970 — et il le reste, alors même que l'agence qui l'a interdit a depuis reconnu que les données disponibles ne l'impliquaient pas comme cancérigène.
Une interdiction américaine née d'une étude de 1969
En 1969, une étude a signalé que 8 rats sur 240, nourris avec un mélange saccharine-cyclamate à des doses équivalentes à 550 canettes de soda light par jour chez l'humain, avaient développé des tumeurs de la vessie. Sur cette base, les autorités américaines ont retiré le statut GRAS (« généralement reconnu comme sûr ») du cyclamate dès octobre 1969, puis l'ont interdit totalement dans tous les aliments et médicaments en octobre 1970.
Une interdiction que la science n'appuie plus, mais qui n'a jamais été levée
Des essais de suivi menés dans les années 1980 (Bopp et al., 1986) n'ont pas reproduit l'effet observé en 1969. La FDA elle-même a reconnu par la suite que l'ensemble des données disponibles n'impliquait pas le cyclamate comme cancérigène chez le rat ou la souris. Plusieurs demandes de l'industrie pour lever l'interdiction ont été déposées — sans succès. Le cyclamate reste interdit aux États-Unis aujourd'hui, alors que la base scientifique de l'interdiction s'est largement effritée.
Pendant ce temps, l'Europe l'autorise avec une dose encadrée
En Europe, le cyclamate est autorisé avec une dose journalière admissible (DJA) de 7 mg/kg de poids corporel/jour, fixée en 2000 — une valeur abaissée par rapport à une DJA provisoire antérieure de 11 mg/kg, après la découverte qu'une partie de la population convertit jusqu'à 85% du cyclamate ingéré en cyclohexylamine, un métabolite jugé plus préoccupant que la molécule d'origine. L'EFSA a engagé en 2025 une réévaluation complète de cette DJA, dont les conclusions n'étaient pas encore publiées à la date de mise à jour de cette page.
Ce que révèle ce cas
Le cyclamate illustre une dynamique inverse du E171 (interdit en Europe depuis 2020, encore autorisé ailleurs) : ici, c'est le pays qui a interdit le plus tôt qui semble aujourd'hui le moins aligné avec la science disponible. Les deux cas rappellent la même leçon, dans les deux sens : le statut réglementaire d'un additif à un instant donné ne reflète pas toujours l'état actuel des connaissances toxicologiques.
Statut réglementaire
Union européenne
Avis du Comité scientifique de l'alimentation humaine (SCF, prédécesseur de l'EFSA), 2000
- DJA fixée
- 0-7 mg/kg de poids corporel/jour, exprimée en acide cyclamique
- Historique de la DJA
- Une DJA provisoire de 0-11 mg/kg avait été fixée auparavant ; elle a été abaissée à 7 mg/kg après la découverte qu'une partie de la population convertit jusqu'à 85% du cyclamate en cyclohexylamine, un métabolite jugé plus préoccupant
- Réévaluation en cours
- L'EFSA réexamine actuellement le cyclamate dans le cadre de son programme de réévaluation des édulcorants (travaux en cours en 2025, conclusions non encore publiées)
France
Application directe de l'évaluation européenne
- Mesure nationale distincte
- Aucune identifiée
Données toxicologiques (EFSA)
Dose journalière admissible
Cette DJA date de l'évaluation du SCF en 2000 ; l'EFSA a lancé une réévaluation complète encore en cours en 2025, dont les conclusions pourraient faire évoluer cette valeur.
Avis 2000 — Avis du Comité scientifique de l'alimentation humaine (SCF), 2000 — réévaluation EFSA en cours (2025)
Statut hors Union européenne
États-Unis
interdit depuis le 1970-10-01
FDA — interdiction totale dans tous les aliments et médicaments depuis octobre 1970
- Origine de l'interdiction
- Étude de 1969 sur un mélange saccharine-cyclamate (10:1) montrant des tumeurs de la vessie chez 8 rats sur 240, à des doses équivalentes à 550 canettes de soda light par jour chez l'humain
- Remise en cause scientifique ultérieure
- Des essais de suivi (Bopp et al., 1986) n'ont pas reproduit l'effet ; la FDA a elle-même reconnu que l'ensemble des données disponibles n'impliquait pas le cyclamate comme cancérigène chez le rat ou la souris
- Statut actuel
- Toujours interdit malgré plusieurs demandes de levée de l'interdiction déposées par l'industrie
- Contexte international
- Autorisé dans plus de 130 pays, dont le Canada, l'Australie, le Mexique et l'ensemble des États membres de l'UE
Questions fréquentes
Le cyclamate (E952) est-il autorisé en France et en Europe ?
Oui, avec une dose journalière admissible de 7 mg/kg de poids corporel/jour fixée en 2000. Il est aussi autorisé dans plus de 130 pays, dont le Canada et l'Australie.
Pourquoi le cyclamate est-il interdit aux États-Unis ?
En raison d'une étude de 1969 ayant signalé des tumeurs de la vessie chez des rats exposés à de très fortes doses d'un mélange saccharine-cyclamate. L'interdiction, prononcée en 1970, n'a jamais été levée bien que des essais ultérieurs n'aient pas reproduit cet effet et que la FDA ait reconnu que les données disponibles n'impliquaient pas le cyclamate comme cancérigène.
La dose journalière admissible du cyclamate va-t-elle changer ?
Possiblement : l'EFSA a engagé en 2025 une réévaluation complète du cyclamate dans le cadre de son programme sur les édulcorants. Ses conclusions n'étaient pas encore publiées à la date de mise à jour de cette page.